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Echo de la fête des Couleurs 2009
Vers un monde meilleur

LES COULEURS DANS LE VÊTEMENT

Le monde des couleurs que décrit William Berton est à découvrir absoluement. Il explique de façon étonnante comment le port de couleurs n’est pas anodin pour aller mieux, se faire valoir, obtenir une place de choix, se faire remarquer, être respecté.

Les couleurs que l’on porte sont à choisir attentivement en fonction des effets que l’on souhaite produire sur son entourage mais aussi du bien-être recherché.

Cette réalité n’est pas à démontrer plus qu’à expérimenter. Les couleurs sombres éteignent une ambiance, les couleurs vives réchauffent le coeur. Porter des teintes grises, marron, noires n’auront pas le même effet sur le moral et le comportement que des teintes de verts, jaunes, bleus ou rouges.

Il explique très bien cela dans ses ouvrages. Ils nous racontent l’influence qu’opèrent ces couleurs en nous et comment les choisir en fonction de rendez-vous précis.

Du rouge pour se calmer et se laisser raviver ses passions, de l’orange pour laisser jaillir son feu, de l’ocre pour se montrer, oser l’affirmation, provoquer le regard, surestimer ses possibilités, du vert pour calmer les émotions, du bleu marine ( indigo) pour rester centré quelque soit les circonstance, être décidé, ne pas perdre pieds...

D’autres nuances plus secrètes, plus nuancées, plus tendres ou plus sournoises : blanc comme neige, pour cultiver la patience, ne rien attendre de particulier, gris pour garder espoir et que du nouveau puisse émerger de la confusion, du doute, noir pour exprimer son besoin d’être en marge du système, de la société, des autres, du marron pour faire face aux difficultés, les surmonter, du rose pour sourire aux événements, les voir avec un regard plus doux, du fuchsia pour oser du nouveau, mettre la barre plus haut, fréquenter des milieux, des cercles, un monde auquel habituellement on ne se donne pas droit...

Une suite de faits troublant à vérifier en ouvrant votre placard:qu’achetez-vous acheter comme couleur à porter, au cours de l’année ?

Ludique et surprenant, l'approche de W. Berton offre un outil d’analyse étonnant sur l’influence des couleurs dans notre garde-robe !

Arthur Février 2009


Propos recueillis par Julie Kramer auprès de William Berton en décembre 2008

GM : Comment avez-vous découvert le langage des couleurs ?

WB : Tout a commencé en 1982 alors que je pratiquais l'ostéopathie. J'ai eu le flash qu'il fallait mettre une couleur sur le corps d'un patient pour le soulager d'un mal. Puis sont venues d'autres couleurs. Elles s'imposaient à moi comme des évidences, des images instantanées, vives, qu'il fallait arriver à saisir au moment où elles apparaissent. Au début je collais des gommettes de ces couleurs sur la peau de mes patients. Ensuite des étoffes, aux emplacements que mon intuition m'indiquait. Le simple fait de poser la couleur "vue" sur la zone indiquée, soulageait. Incroyable ! Je ne savais pas comment cela marchait ! J'avais surtout une clientèle de danseur, comme la troupe Béjard. Ils venaient pour des entorses, des tendinites, des douleurs. Avec les couleurs appliquées de cette façon, ils ressortaient sur pieds, et pouvaient danser le lendemain.

Faut-il avoir des qualités particulières pour voir les couleurs ?
Certaines personnes ont des facilités pour "voir", d'autres "sentir", ou "entendre". Je ne regarde pas vraiment les couleurs avec mes yeux, elles s'imposent plus comme une image, une pensée. Nous pourrions parler de perceptions subtiles extra-sensorielles.

Vous avez établie une grille de correspondance entre ces couleurs et des comportements. Comment vous y êtes vous pris ? Et cette grille est-elle fiable ?
Après avoir découvert la puissance de l'impact des couleurs sur notre anatomie, je me suis passionné pour la médecine tibétaine faisant référence à des couleurs que le corps émet en permanence, visible au niveau de Chakras. A chaque couleur correspond un mode comportemental précis. Par exemple le rouge évoque la sécurité, l'orange l'instinct, le jaune le besoin de comprendre... Cette piste nouvelle a été une révélation. Elle m'a ouvert la voie dans laquelle j'oeuvre maintenant.

Les couleurs que le corps émet renseigne sur ce qu'il vit. Un moyen simple et efficace pour retrouver l'origine d'un problème de santé. Ces couleurs sont perceptibles dans un certain état de conscience atteint en faisant le vide. Au début il me fallait 20 minutes pour entrer dans cet état et voir apparaître la couleur et sa signification. Ensuite il ne restait plus qu'à vérifier la justesse du sens en lui disant à voix haute, le sens lié à la couleur "vue". Lorsque la personne était touchée soulagée sur le champ, je gardais le sens. Ce travail d'observation dura pendant 10 ans. Il m'a conduit à dresser une grille fiable de décodage de 45 couleurs que vous trouvez dans mes ouvrages.


Ensuite, me vient l'idée de créer un support de cartes qui s'interroge comme un Yi King ou un Tarot. Les couleurs sont imprimées sur des cartes. Au lieu de "voir" les couleurs ou tire des cartes et on se réfère à la signification des couleurs de ces cartes. C'est aussi efficace. C'est ainsi qu'est né le Jeu des Couleurs en 1992, que vous connaissez.

Comment vous servez-vous du jeu des couleurs ? Il y a t il une grande différente d'avec vos débuts ?
Je n'ai rien changé à mon approche d'origine. La seule chose qui diffère est la façon dont la couleur s'annonce. Que je vois la couleur intuitivement ou que je la tire intuitivement, l'intuition reste toujours présente. La couleur qui est choisie évoque quelque chose. Une fois qu'on connait la couleur, l'étape suivante consiste à savoir l'interpréter. Il suffit de se rappeler que la couleur raconte ce que le corps vit. Le principe est simple. Vous comprenez ?

Vous dîtes pouvoir utiliser cet outil pour aider une personne à y voir plus clair dans sa vie ? Pouvez-vous nous dire comment vous vous y prenez ?
Avec les cartes c'est plus facile, je peux transmettre la méthode de décodage des couleurs sans que les personnes soient censées les "voir". Au début, lorsque je pratiquais en cabinet, les personnes qui venaient me voir ne me racontaient pas leurs vies. Mais avec les couleurs que leurs corps émettent, on sait tout. Il suffit ensuite de dire à voie haute ce que l'on voit pour que la personne acquiesce et se mette à aller mieux. Le facteur "mieux-être" passe par l'aptitude à dire "ce qui ne va pas", sous la forme de confidence, afin de laisser monter des émotions. Lorsque l'émotion sort, le mal s'évacue.

Les couleurs sont un excellent moyen pour remonter à la source du mal vécu. J'ai découvert qu'avec 4 cartes on arrive à remonter à la source d'un problème. J'appelle cette méthode la lecture en cascade. En remontant à la cause, on arrive à retrouver le mal vécu causal d'une difficulté. Dans la plupart des cas, la cause d'un problème répond à un choix
qui a fait sortir de sa vie, faisant perdre le contrôle de son existence.


Mais alors concrètement, comment faîtes-vous ? Qui aidez-vous ?
Aujourd'hui, je reçois en entretiens. La personne me raconte quelque chose qui ne va pas. Nous nous servons des cartes de couleurs qui s'interrogent de façon intuitive. Elles vont donc évoquer quelque chose que la personne vit. En parler va aider. Les sujets qui peuvent être abordés sont variés : un état de mal-être, un souci relationnel, un problème de travail, un projet à mettre en place, un besoin d'aimer, un souci physique... Les cartes répondent à tout cela puisqu'elle racontent ce qui se passe.

J'ai trouvé toutes sortes de 50 tirages qui permettent d'éclaircir toutes sortes de cas. Certains sont présentés dans Les Couleurs racontent. Mon favori est le sujet de conversation : ce dont nous parlons facilement, ce dont nous ne trop peu, et ce dont il faudrait éviter de parler pour régler une situation. Une carte par couleurs. Les résultats sont étonnants !

En venant vous voir sur le salon Zen, à Paris, vous m'avez parlé d'un concept nouveau lié aux couleurs et à la maison. Une approche nouvelle, originale et prometteuse ?
Je me suis effectivement rapidement rendu compte qu'à chaque couleur correspondait deux facettes : la version Matière et la version Lumière. La première parle de l'aspect visuel d'un coloris. La seconde du vécu auquel correspond ce coloris. Rudolph Steiner fut l'un des occidentaux le plus proche de notre culture à nous parler de l'influence des couleurs sur le comportement, c'est la version Matière d'une couleur. La version Lumière va évoquer une ambiance, une tournure d'esprit. Par exemple la couleur indigo parle d'un tempérament centré sur soi, imperturbable, visant à atteindre ses objectifs. La maison Indigo visera à mettre dans cet état. La répartition des pièces s'agence autour d'un espace vide, central, où venir se centrer, faire le point. Il est idéal que la vie de la maison puisse s'articuler autour de cet axe. On pourra concevoir un puits de lumière, une cheminée. En cas de location, on conseille de laisser un espace sans meuble au centre de son appartement, avec un tapis sur lequel se poser pour faire le vide et se laisser inspirer.

Ce concept de Maison Couleurs s'adresse aux architectes, aux décorateurs, aux fabricants de mobiliers... mais aussi à la location. Il est relativement facile de définir un style d'habitation par couleur en reprenant le sens de chacune.


Avez-vous d'autres exemples pour la maison ?

La maison Sable ressemble à un lieu de vie où l'on vit sans souci du lendemain, tantôt cool, tantôt pour exprimer sa sensualité. Cela fait penser à un loft ou une maison basse ou la nature et le naturel s'agencent : les formes seront arrondies, de grandes baies vitrées, du coco au sol, du volume sans porte. La maison Verte sont plus famille. Une grande salle à manger, avec passe plat, des chambres pour loger du monde de passage. La maison Violet se rapproche du sacré, elle sera bâtie par l'artisan. La maison Rouge, à faire soi-même, petit à petit, pour s'assurer une retraite tranquille. La maison Jaune pour le jeune cadre en quête d'avenir. Ce concept s'applique aussi à l'intérieur, à la décoration. Les meubles "sable" seront incorporés dans les cloisons, ou dans des coffres, les meubles "vert" ressemblent à de gros buffets, classiques. Pour le violet, on tombe dans le style zen.


En habitant une maison ou un espace défini par un choix de Couleurs, on va répondre à un besoin réel : être bien chez soi, mais aussi se sentir soi, chez soi. Cela peut aussi être un lieu pour se guérir d'un complexe ou être tout simplement heureux. Une personne "famille" sera mieux dans la maison verte, une autre recherchant la vacuité sera mieux dans la maison Indigo. La maison convenant pour qui recherche la sécurité.



Ne pensez-vous pas que chacun sait ce qu'il veut ? Pourquoi faire appel à vous ?
La question est fondamentale. Chacun fonctionne de la même façon. Nous avons tous des désirs et des besoins. Les désirs sont liés à nos émotions, les besoins s'appuient sur notre expérience de la vie. Regardez, l'achat impulsif qui répond à un désir n'apporte pas la même satisfaction que l'achat pensé nourrit d'expériences. Le tirage couleur aide à faire la part des choses. Il met en évidence le désir et le besoin. Désir et besoin, sont les clefs de tous les décodages maisons, mais aussi vêtement.

Comment pratiquez-vous cette approche pour un couple?
Pour un couple, on va définir l'intérieur dont chacun a besoin pour qu'il se sente bien dans sa vie et avec l'autre ? Ensuite on fera un agencement d'ambiance et de choix de matériaux, tenant compte des couleurs de chacun.

Les couleurs sont toujours choisies de façons intuitives. C'est le principe de base. On commence par demander à la personne ce qu'elle aimerait puis on lui fait la proposition avec les cartes de couleurs selon un protocole précis, enseigné à l'école. Dans 90% des cas, la solution avec les cartes l'emporte parce qu'elle répond vraiment au besoin des gens. Le thème Couleurs & Habitat sera présenté au salon Mieux Etre et Habitat de Menton du 4 au 7 septembre 2009.

Et pour le vêtement ?
C'est le même principe. Porter un vêtement dans lequel on se sent bien, aide à aller bien. Chaque couleur définit un style vestimentaire qui lorsqu'on le porte induit le comportement auquel la couleur se réfère.
N'avez-vous pas vos critères de choix de vêtement, chaque matin, devant le miroir ? Vous allez choisir de porter tel vêtement en fonction de vos rendez-vous. N'est-ce pas ? Vous ne porterez pas les mêmes vêtements pour aller voir votre patron, votre amoureux, vous rendre à un mariage. Parce que vous n'aurez pas envie d'être la même. A chaque couleur correspond une façon d'être. En portant le style de vêtement qui convient, on obtient un changement immédiat dans le comportement. C'est une autre façon de susciter le changement !

Est-ce vraiment aussi simple ?
Je vous répondrais par une phrase célèbre de Krisnamurti : "Ne croyez pas ce qu'on vous raconte, expérimentez-le ! "

Julie Kramer

ARTICLES

Interview de Patrice VAN EERSEL
( Rédacteur en chef de la revue Nouvelles Clés)

UTILISER LES COULEURS POUR SE CONNAÎTRE ET SE SOIGNER

Entretien avec William Berton

Patrice Van Eersel - Comment les couleurs sont-elles entrées dans votre pratique ?
William Berton - Quand j'auscultais les gens, je ressentais des couleurs à des endroits précis de leurs corps. Je ne voyais rien avec les yeux, c'était intérieur. Je pouvais ressentir du jaune sur un coude, du bleu à la hauteur du foie, du rouge dans l'aine, etc. Quand j'ai appris que la médecine tibétaine utilisait une grille de diagnostic par les couleurs, je me suis empressé de vérifier mes intuitions et j'ai constaté que ça se recoupait. J'ai donc intégré ça à ma pratique thérapeutique. Au fil du temps, j'ai développé ma propre grille, avec des dizaines de couleurs supplémentaires, que je perçois mais dont les tibétains ne parlent pas.

Patrice Van Eersel - Les couleurs signalent un mal, mais peuvent aussi soigner ...
William Berton - Je l'ai vérifié sur des milliers de cas. Une étoffe d'une certaine couleur, par exemple, posée sur la partie malade du corps peut parfois directement soulager. Ainsi, le rose correspond le mieux à la santé du corps. Mais c'est vrai aussi psychologiquement. Nous devrions en tenir compte dans notre façon de nous habiller ! Ainsi, un vêtement jaune pourra aider quelqu'un qui manque d'audace - inversement, une personne déjà très sûre d'elle devrait éviter cette couleur... Mon prochain livre décryptera l'influence de quarante-cinq couleurs de vêtements, induisant quarante-cinq types d'expériences ou d'états de conscience. A chacune des milliers de couleurs qu'un humain peut distinguer correspond en effet un monde intérieur spécifique.

Patrice Van Eersel - Comment interprétez-vous le fait que l'élite occidentale s'habille souvent en gris et en noir ?
William Berton - Je ne peux pas généraliser à ce point. En Occident, le noir est la couleur du deuil, de l'exclusion, de la marge, mais paradoxalement, c'est aussi celle du rêve : l'échec appelle à désirer un monde meilleur, à croire que tout est possible, y compris le plus grand des luxes. En Orient, le deuil, c'est le blanc, couleur de l'oubli, du non savoir, l'âme doit tout oublier.

Patrice Van Eersel - Ce système de correspondance constitue la base de votre dernier ouvrage "Le Temps des Couleurs", qui est un jeu divinatoire, une sorte de Yi King, où l'on tire au hasard, non pas des hexagrammes, mais des couleurs...
William Berton - Et comme le Yi King, tenter d'en parler ne sert à rien, il faut le tester pour vérifier que ça marche ! Cela permet d'entrer dans le présent et de mettre des mots sur les expériences que nous vivons, ouvrant ainsi la voie, soit à des solutions aux problèmes, soit à un mieux-être. Finalement, notre difficulté est de saisir dans quel état présent nous sommes. Consulter les couleurs est un moyen simple de le faire et, du coup, de voir ce qu'il faudrait faire pour évoluer.

Juillet 2007



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