ARTICLE
Interview de Patrice VAN EERSEL
( Rédacteur en chef de la revue Nouvelles Clés)
UTILISER LES COULEURS POUR SE CONNAÎTRE ET SE SOIGNER
Entretien avec William Berton
Patrice Van Eersel - Comment les couleurs sont-elles entrées dans votre pratique ?
William Berton - Quand j'auscultais les gens, je ressentais des couleurs à des endroits précis de leurs corps. Je ne voyais rien avec les yeux, c'était intérieur. Je pouvais ressentir du jaune sur un coude, du bleu à la hauteur du foie, du rouge dans l'aine, etc. Quand j'ai appris que la médecine tibétaine utilisait une grille de diagnostic par les couleurs, je me suis empressé de vérifier mes intuitions et j'ai constaté que ça se recoupait. J'ai donc intégré ça à ma pratique thérapeutique. Au fil du temps, j'ai développé ma propre grille, avec des dizaines de couleurs supplémentaires, que je perçois mais dont les tibétains ne parlent pas.
Patrice Van Eersel - Les couleurs signalent un mal, mais peuvent aussi soigner ...
William Berton - Je l'ai vérifié sur des milliers de cas. Une étoffe d'une certaine couleur, par exemple, posée sur la partie malade du corps peut parfois directement soulager. Ainsi, le rose correspond le mieux à la santé du corps. Mais c'est vrai aussi psychologiquement. Nous devrions en tenir compte dans notre façon de nous habiller ! Ainsi, un vêtement jaune pourra aider quelqu'un qui manque d'audace - inversement, une personne déjà très sûre d'elle devrait éviter cette couleur... Mon prochain livre décryptera l'influence de quarante-cinq couleurs de vêtements, induisant quarante-cinq types d'expériences ou d'états de conscience. A chacune des milliers de couleurs qu'un humain peut distinguer correspond en effet un monde intérieur spécifique.
Patrice Van Eersel - Comment interprétez-vous le fait que l'élite occidentale s'habille souvent en gris et en noir ?
William Berton - Je ne peux pas généraliser à ce point. En Occident, le noir est la couleur du deuil, de l'exclusion, de la marge, mais paradoxalement, c'est aussi celle du rêve : l'échec appelle à désirer un monde meilleur, à croire que tout est possible, y compris le plus grand des luxes. En Orient, le deuil, c'est le blanc, couleur de l'oubli, du non savoir, l'âme doit tout oublier.
Patrice Van Eersel - Ce système de correspondance constitue la base de votre dernier ouvrage "Le Temps des Couleurs", qui est un jeu divinatoire, une sorte de Yi King, où l'on tire au hasard, non pas des hexagrammes, mais des couleurs...
William Berton - Et comme le Yi King, tenter d'en parler ne sert à rien, il faut le tester pour vérifier que ça marche ! Cela permet d'entrer dans le présent et de mettre des mots sur les expériences que nous vivons, ouvrant ainsi la voie, soit à des solutions aux problèmes, soit à un mieux-être. Finalement, notre difficulté est de saisir dans quel état présent nous sommes. Consulter les couleurs est un moyen simple de le faire et, du coup, de voir ce qu'il faudrait faire pour évoluer.
Juillet 2007
|